Rémunération de l'auteur



   


 
   
 Juillet 1982
Le début est là
La 2° partie ici
La 3° partie là

La 4° partie ici
 




 

    Pierre et Agnès, à la fin ce gentil bœuf, retourne à leur table, histoire de récupérer les affaires qu’ils auraient put y laisser et aussi, pour Pierre, de régler la,  douloureuse  pour son portefeuille,  note de ce repas. Malgré son maigre budget, il ne regrette pas de devoir payer l’addition de cette soirée où il a ressentit tant de plaisirs différents, l’amour en étant le  premier et le plus important. Il fait donc signe au serveur en mimant l’écriture sur un carnet et en montrant la table maintenant débarrassée. Le garçon s’approche en souriant, sans aucune soucoupe ou autre papier à la main et lui déclare :

    -    Monsieur Moustaki à régler votre addition, Monsieur.
    -    C’est pas vrai !
 - Si, Monsieur, il m’a dit que c’était vos honoraires d’ accompagnateur ! Ajoute le serveur en s’éloignant sans attendre une autre question.
   -  Chérie, tu as entendu ce qu’il m’a dit ! Dit Pierre à sa blonde amie.
     -    Oui et j’en reviens pas ! Réponds Agnès éberluée.

    C’est la main dans la main que notre couple se dirige vers la table des artistes où en plus de Georges et de Joël, il y a deux personnes que ni Pierre, ni Agnès ne reconnaissent. Sans doute des amis de l’un ou l’autre ou d’obscurs musiciens, voir des auteurs méconnus. Pierre ne cherche pas trop et de suite s’adresse au chanteur en le remerciant mais aussi en lui disant qu’il ne fallait pas.

    -  J’ai toujours payé mes musiciens, d’une façon ou d’une autre ! Sourit l’illustre chanteur.
   -  Entendu mais là, c’était déjà un énorme plaisir pour moi et j’aurais même payé moi-même pour participer à ce moment. Renchéris Pierre.
    -  Tais toi et assied toi ! Vous aussi Mademoiselle. Dit Georges en s’adressant à Agnès.

    Joël a récupéré deux chaises à la table voisine déjà désertée comme la plupart des autres de l’établissement, qui s’est bien vidée depuis la fin du tour de chant. Il installe ses amis à ses cotés après avoir demandé aux autres personnes attablées de se tasser un peu. C’est lui qui fait les présentations.

    -    Alors voilà Agnès la sœur d’un ami de studio et Pierre, son fiancé, qui nous a aidés à faire ce petit tout de chant improvisé. Dit t’il à ses convives avant de se retourner vers Pierre et d’ajouter. Et eux ce ne sont que des grippes-sous qui suivent Georges dans tous les restaurants quand c’est lui invite.

    Devant la mine déconfite de Pierre face  à cette présentation un peu légère, il rajoute :

   -  Ne t’inquiètes pas ils ne parlent pas français, ce sont des membres du groupe hollandais « Flairk » avec lequel Georges prépare un album.
    -    Ah bon, tu me rassures ! Bonjour Messieurs. Ajoute pierre en se penchant vers les deux inconnus pour leur serrer la main, aussitôt suivi par Agnès.

    Dans le même temps, Georges Moustaki explique en anglais aux deux musiciens hollandais qui sont ces deux jeunes gens qui les rejoignent.

    Le garçon arrive pour prendre la commande de café en rajoutant qu’ils allaient devoir fermer le restaurant dans une petite demi-heure et qu’il s’en excusait. C’est vrai qu’il est presque deux heures du matin et que la soirée à passer tellement vite qu’ils ne s’étaient pas rendu compte de l’heure. Agnès, qui est toujours blottie amoureusement contre Pierre, dit à son compagnon :

   -  Heureusement qu’on samedi maintenant ! Lui dit t’elle en souriant.
   -  Pour toi sûrement mon cœur, mais pour moi la boutique est ouverte le samedi, c’est même le jour le plus éreintant car la clientèle est la plus affluente de la semaine. Réponds t’il en faisant la moue.
    -  Tu viendras faire une sieste au studio à midi. Rigoles t’elle en l’embrassant tendrement.
    -  Je t’aime mon cœur ! Réponds doucement Pierre qui ne sait plus rien dire d’autre.

    Les cafés arrivant sur la table, chacun se tait trente secondes le temps de s’occuper de sa tasse respective. Puis les conversations reprennent, Pierre essayant difficilement de s’incruster dans celle qu’Agnès à entamer en anglais, qu’elle maîtrise parfaitement, avec les Hollandais. Joël et Georges Moustaki parlent de souvenirs en commun et surtout de Maxime Le Forestier qui, semble t’il, est la cible principale de leurs rires, les absents ayants toujours tord ! Pierre qui a préféré abandonner l’anglais pour une conversation plus compréhensible par lui, s’immisce dans celle-ci et questionne surtout Joël qui est celui qui connaît le mieux le chanteur de « Fontenay aux roses », le morceau que Pierre préfère quand il joue pour lui-même. Il est vrai que ces deux derniers albums n’ont pas eut le succès de « Mon Frère » ou du « Steak », ni même celui de « Saltimbanque », mais Pierre continue à l’admirer malgré tout et le fait d’entendre parler de lui par des intimes le rapproche un peu de sa vedette préférée.

    Agnès aussi lâche les deux Hollandais qui n’ont pas grand chose à dire d’autres que des banalités sur « Paris Ville lumières » et autres images toutes faites de la vie parisienne. Elle a eu beau leur expliqué que Paris c’était aussi autre chose, ils n’avaient en bouche que les cartes  postales qu’on vend aux touristes pour les attirer à Paris. C’est pourquoi, lassée de la stérilité de ses propos elle s’intéresse à son tour aux anecdotes narrées par Joël. Georges Moustaki ayant avoué un peu plus tôt que cette soirée avait été payée surtout par le Producteur des « Flairk » pour l’amadouer lui, Pierre compris mieux sa générosité envers lui.

    Les cafés étant tous bus et l’addition réglée par l’un des deux membres du groupe batave, le patron s’approche pour les remercier de cette soirée et les inviter malheureusement à quitter l’établissement car il était déjà en retard pour la fermeture légale. Au moment de se dire « Au revoir » sur le trottoir, Georges Moustaki dit qu’il repart avec ses deux futurs musiciens et Joël propose à Pierre et Agnès de les ramener s’il n’ont pas de véhicule. Vu l’heure et la rareté des Taxis, Agnès saute sur l’occasion et accepte avec plaisir. Chacun salut l’autre avec sympathie et promet de se revoir bientôt, ce dont Pierre doute tout de même un peu, surtout pour les deux Hollandais, mais aussi pour Georges Moustaki qui passe très peu de temps à Paris en règle générale. Seul Joël semble être susceptible de recroiser le chemin de Pierre étant un intime du frère de sa bien-aimée.

    Dans la voiture qui a pris la route de St-Michel, Pierre étant seul à l’arrière, il se met à gamberger sur le moment ou il va se retrouver seul avec Agnès dans son petit studio. Il n’ose pas se l’avouer mais il angoisse un peu. Même s’il ne doute pas des sentiments de son amie, il a peur de la voir se refuser à lui pour ce premier soir et tel qu’il se connaît, il n’osera pas insister par respect pour celle qu’il aime. Agnès, elle, n’a pas le temps de réfléchir car Joël la bombarde de question sur son frère dont il n’a pas de nouvelles depuis quelques temps. C’est dans cette ambiance que se profile la Fontaine St-Michel, le boulevard du même nom et que la voiture emprunte enfin la courte rue Soufflot. Joël continue et fait le tour du Panthéon afin de se retrouver dans le bon sens pour repartir. Il se range le long du trottoir et se penche pour faire la bise à Agnès, avant de se retourner vers Pierre et de le saluer en le remerciant des beaux instants passés avec lui sur la petite scène du restau. Pierre est confus et lui dit que c’est plutôt à lui de le remercier de lui avoir fait confiance sans le connaître. Après ces échanges d’amabilités, Joël remet le contact, la voiture s’éloigne et tourne rapidement à droite en direction de la Seine.


    Pierre et Agnès se retrouvent seuls pour la première fois depuis plus de six heures et avant même de se dire un mot, ils échangent sur le trottoir un baiser langoureux  prélude peut-être à d’autres plaisirs.

    L’escalier en bois sent la cire, et la rampe est douce comme la peau d’un enfant, lustrée par les milliers de mains qui l’ont parcourues depuis plusieurs dizaines d’années. Pierre, suivant sa belle comme la galanterie française le signale, admire le corps ondoyant d’Agnès avec délectation. Les étages se suivent et, peu habitué aux escaliers par une pratique trop assidue des ascenseurs, Pierre commence à sentir ses jambes se durcir. Mais ils sont arrivés devant la porte de la chambre de bonne où Agnès vit. Cette dernière sort son trousseau de clés de son petit sac et ouvre la porte en bois peint. Elle pénètre dans le petit appartement et tend la main vers son amoureux pour l’inviter à franchir le seuil. Pierre qui a pourtant pas mal vécu d’aventures avant Agnès, se retrouve comme un adolescent avant sa première nuit d’amour et c’est tremblant qu’il prend la main de sa douce et se laisse tirer à l’intérieur. La belle lui donne un petit baiser et d’un coup de main fait claquer la porte derrière lui. Puis se reprenant, elle se retourne et d’un geste ample du bras s’exclame :

      -   Et voici mon Palace !
     -  Joli ! Dit pierre en examinant le décor très soft de la pièce. Un matelas à même le sol avec une couette volumineuse, des coussins partout et une petite table avec deux chaises avant le coin cuisine camouflé derrière un rideau en tissu indien. Un peu léger en mobilier, mais agréable. Dis-moi, tu changes tes affaires où ? Je ne vois pas d’armoire ! S’étonne t’il.
    - Tin Tin ! S’exclame Agnès en ouvrant les portes d’un immense placard que Pierre n’avait pas remarqué. Et ça c’est pas un rangement dit t’elle en souriant.

    Le placard est séparé en deux, un coté ménager avec des assiettes, des boites de conserves, des instruments ménagers et sur le coté deux balais et une table à repasser dans un rangement spécial en hauteur. L’autre moitié est réservée aux affaires de la jeune fille avec un coté penderie et un coté étagères et tiroirs.

    Agnès avant de refermer le placard se hisse sur la pointe des pieds pour attraper un oreiller sur l’étagère du haut. Pierre se met derrière elle sous prétexte de l’aider, la prends par les hanches et la soulève délicatement en ayant pris soin de glisser ses mains sous la chemise flottante afin de sentir la peau d’Agnès entre ses doigts. Quand il la repose, elle se retourne lentement et, sans un mot, leurs bouches se rejoignent pour une énième fois ! Elle s’écarte lentement et d’une voix peu convaincue lui demande si les coussins suffisaient comme matelas, Pierre n’en a cure et l’enlace d’encore plus près en l’embrassant de nouveau. Et puis leurs mains s’affolent, leurs corps s’enfièvrent et dans un mouvement fougueux et tendre à la fois ils se retrouvent enfoncés dans la couette. Il est presque trois heures du matin et Pierre n’a plus que cinq heures avant d’aller rejoindre son poste à la boutique du boulevard St Michel……


    Lorsque le premier rayon de soleil filtre à travers le vasistas tenant lieu de fenêtre, il éclaire deux corps enlacés tendrements en travers de la moelleuse couette de plumes. La beauté de cette image inspirerait les plus grands peintres flamands. Cheveux blonds et cheveux bruns, emmêlés, corps alanguis par le plaisir d’une nuit d’été, tendresse d’un bras entourant les hanches harmonieuses, juste au-dessus d’un magnifique fessier charnu et rond. Si Dieu a un appareil photo, il a sûrement dut saisir cet instant magnifique.

    Quand Pierre ouvre les yeux et découvre le corps magnifique et généreux d’Agnès à ses cotés, il se dit que tous ces merveilleux instants n’était pas un rêve comme il en était persuadé mais une réalité fantastique de laquelle il ne veut plus disparaître. Il dépose deux trois bisous tendres sur les bas du dos de sa douce partenaire, qui en ronronne de plaisir, et se redresse pour atteindre son pantalon dans la poche duquel il se rappelle vaguement avoir glissé sa montre avant cette nuit d’amour. Lorsqu’il constate qu’il ne lui reste qu’une demi-heure avant de devoir entamer sa journée à la boutique, il se relève complètement et commence à s’habiller fébrilement. Agnès se réveille doucement sous les légères secousses provoquées par les mouvements de Pierre, et distinguant son amour en train de se préparer elle lui bafouille à demi-réveillé :

    -   C’est déjà l’heure que tu partes mon amour ?
    - Oui mon cœur et j’en suis désolé. Réponds pierre en se baissant pour l’embrasser tendrement. Je t’aime mon amour ! Ajoute t’il dans un souffle.
    -    Reste encore un peu mon amour ! Implore Agnès en le prenant par le cou pour l’attirer à elle. J’ai besoin de toi !
  -  Je ne demande que ça, mais … Je dois vraiment y aller ! S’excuses t’il à nouveau.
  - Tu reviens à midi ! Promis ! Je vais te préparer un repas merveilleux ! Se rassure Agnès.
    -    Promis mon cœur !
    -    Je t’aime !
    -    Je t’aime !

    Ils échangent encore quelques baisers et Pierre, à contrecœur, recule jusqu'à la porte, puis jusqu’au palier, et après un dernier mot d’amour, un dernier regard tendre, il ferme la porte derrière lui.


    Pierre, avant de descendre l’escalier, s’adosse au mur et ferme les yeux !

    Il n’a jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui, et s’il ne se retient pas il serait capable d’embrasser son patron en arrivant à la boutique, tout à l’heure. Il revoit tous ces instants vécus aux cotés d’Agnès, la Fontaine St-Michel et le chanteur de folk, les instants d’attente dans la boutique, la guitare d’Agnès, le premier baiser dans le taxi et toute la soirée au restaurant avec la folie de la présence de tous ces gens qu’il admire et pour finir cette nuit dans les bras de celle qu’il ne veut plus jamais voir loin de lui.


    Oui, Aujourd’hui Pierre est heureux et il vient de vivre les plus belles 24 heures qu’il n’a jamais vécues…


 
    

  
 
   
   

  
Vendredi 6 juin 2008
- Publié dans : Roman - Communauté : Une journée pas ordinaire !
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Commentaires

Jolie nouvelle, Fred ! J'ai lu d'une traite les 4 parties  ;)
Gros bisous  :0010:
Bon week-end
Commentaire n° 1 posté par siratus le 07/06/2008 à 17h42
Merci Sylvie !
Mais autant que je me rappelle il y a 5 parites !
 

Bon Week-end à toi aussi et plein de bisous !
Réponse de Fred le 07/06/2008 à 17h49
Bisous toi et prends soin de toi, ce soir, je serai un peu absente
Je t'embrasse avec beaucoup de tendresse mon papounet
Flo
Commentaire n° 2 posté par Flo-Avril2 le 07/06/2008 à 17h28
C'est plutôt à moi de te dire de prendre soin de toi, mon ange !!!!
Tu as raison, sort un peu mon coeur. Et si jamais ... tu me raconteras !

Je t'offre toute ma tendresse et tout mon amour ma douce !
Milles bisous pour toi !
Réponse de Fred le 07/06/2008 à 17h43

Merci pour ce beau moment de tendresse ... Alors, promis, ça va continuer ?  :-)

Commentaire n° 3 posté par Galatée le 07/06/2008 à 08h00
Je l'ai promis à FLO !!!!!
donc ça viendra, mais il faut du temps !!!

Merci pour les fleurs !
A bientôt, peut-être !

Réponse de Fred le 07/06/2008 à 11h13
Bien agréable à lire
Commentaire n° 4 posté par florence le 06/06/2008 à 20h50
Merci Florence pour cette lecture assidue,
mais c'est malheureusement la fin de cette nouvelle,
enfin pour l'instant .....

Bonne soirée ! :0010:
Réponse de Fred le 06/06/2008 à 21h08
Très belle histoire. Comme quoi l'amour peut frapper quand on s'y attend le moins.
Commentaire n° 5 posté par Crystal le 06/06/2008 à 20h06
Bonsoir Crystal.

Et oui, dans la fiction tout peut arriver !  ;)

:0010:
Réponse de Fred le 06/06/2008 à 20h14
Ah non, pas fin, tu ne peux pas arrêter là,  ton histoire , que deviennent les autres? Vont-ils se revoir?
Gros bisous ma papounet
Flo
Commentaire n° 6 posté par Flo-Avril2 le 06/06/2008 à 19h14
Ma chèrie, enfin te voilà ici !
Je t'attendais avec impatience et je commençais à m'inquiéter,
je sais c'est idiot, mais c'est comme ça !

Pour cette histoire c'est vraiment la fin de la nouvelle...
...mais, sachant à l'avance que tu allais réclamer une suite, j'ai décidé d'entamer un roman
qui sera la suite de cette nouvelle mais que je ne mettrais en ligne
que lorsque je serai sur de pouvoir aller au bout.
   

Je t'embrasse avec tout l'amour que j'ai pour toi ma douce enfant !
Tom Papounet qui t'adore mon coeur!
 
Réponse de Fred le 06/06/2008 à 19h52
de retour de Bretagne je lis ton texte et reste perplexe..; Fiction? Souvenirs? et je viens de découvrir qu'il y en a 4 qui précèdent... moralité... je vais le lire dans le bon sens ;)))

t'embrasse mon fredou
Commentaire n° 7 posté par alaligne le 06/06/2008 à 16h13
Celle-ci est une pure fiction au contraire de MAI 1973 paru précédemment !

Tu n'avais pas lu le titre avant ???
Gros bisous ma Cathy !
Réponse de Fred le 06/06/2008 à 17h39

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