Le tout début du roman est
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mais le début de l'histoire est LA






     
 
     





 


   














































































































































































































































































































Cliquez sur la loupe !


 

CHAPITRE   IV (B)




    

    La voiture, si tant est qu’on puisse encore lui donner ce nom, est rangée dans le fond du terrain vague qui sert de remise à tous ces véhicules hors-services. Elle attend patiemment que la grue vienne la charger pour la glisser dans le compacteur pour la transformer en César gigantesque. Pierre est en trains de s’escrimer à ouvrir le coffre alors qu’Agnès regarde d’un œil effaré la place passager réduite à zéro par l’écrasement du toit coté droit. Elle s’imagine à côté de son homme, en promenade champêtre, avant qu’un accident les projette dans l’air. Elle se voit dans la voiture, en sang, écrasé par les tôles. Un frisson la prend et elle se détourne très vite pour revenir aux côtés de Pierre. Elle l’enserre de ses bras et se blottit contre lui.

    -    Ça me fait peur ! T’imagines si c’était nous, dans la voiture ?
-    Mais ce n’était pas nous mon cœur ! Je n’ai jamais eu d’accident grave, juste des petits pets sans importance. Je touche du bois. Dit-il en se touchant le front.
    -    N’empêches ! Ça me fait peur ! Y’avait pas de passager j’espère ?
    -    Je ne peux pas te dire mon ange, j’étais pas là ! Mais à mon avis il ne valait mieux pas ! Les Gendarmes n’ont pas relevés de traces de sang. Ils ont juste quelques empreintes, qu’ils ont comparées avec les miennes pour voir.
    -    Et c’était pas les tiennes bien sur ?
    -    Ben si ! Tu sais, il m’est arrivé de conduire MA voiture quand même ! Rigoles t’il. Plus sérieusement, une fois éliminés les miennes, ils en ont quelques-unes pas exploitables, d’après ce que m’as dit le Brigadier. Tiens mon cœur, tu peux me tenir le sac ouvert que j’y mette toutes les cochonneries qui traînaient dans cette voiture. Demande t’il en montrant à Agnès les outils en vrac, bidons et autres bricoles répandus sur toute la surface de la malle. Elle accepte de bonne grâce, cela lui ôtant de la tête les idées macabres qu’elle commençait à se forger.
    -    Ben dis-donc ! Tu rangeais pas souvent ton coffre !!!
    -    Si ! Proteste t’il. Je suppose que se sont les tonneaux qui ont foutu ce bordel !
    -    Hi hi hi ! Je rigolais mon amour.

    Le coffre une fois vidé des éléments récupérables, Pierre se dirige vers l’habitacle. La boite à gants est en partie écrasée et Pierre cherche désespérément dans sa mémoire ce qu’il y avait d’important dedans. Il se glisse à l’intérieur de l’épave pour tenter d’y accéder. Après maintes reptations, il arrive à attraper un coin de la petite porte de cette foutue boite à gants. Il bande ses muscles au maximum et d’un violent coup sec il arrache l’ouverture en plastique. Le peu de lumière passant au travers des morceaux de ferraille ne lui permet pas de voir jusqu’au fond.. Il avance donc une main aventureuse en tâtant du bout des doigts. Il lui semble reconnaître sa lampe de poche, les papiers d’entretien de la R5 et enfin ce qu’il cherchait, le petit calepin sur lequel il notait ses inspirations musicales quand il voyageait. Ayant trouvé ce qu’il cherchait, il va pour s’arrêter dans ses recherches, mais le doute l’envahit et il gratte jusqu’au fond pour sortir tout le contenu de la boite à gants. Il glisse le calepin dans la poche de sa chemise et ramasse tout le reste en plusieurs brassées. Quand tout est étalé sur le siège chauffeur, il fait un tri rapide de ce qu’il va conserver. Agnès qui regarde par-dessus son épaule est intriguée par le carnet glissé dans sa poche subrepticement mais elle attend que Pierre est fini pour lui demander ce que ce carnet peu bien contenir. Elle s’en veut un peu de cette petite crise de jalousie, mais le doute est plus fort que sa sagesse. Mais Pierre n’en finit de tourner et retourner le fouillis repêcher. Et soudain il se dit qu’il a bien fait de tout sortir. En effet, coincé dans une des poches plastiques du livret d’entretien de la voiture, un petit trousseau de trois clés plates reliées entre par un simple anneau, attire un grand sourire à son propriétaire qui pensait l’avoir perdu depuis longtemps. Il le ramasse et se redresse lentement en sortant de la voiture, son dos commençant à en avoir marre d’être plié en deux. Agnès a fait un pas en arrière pour lui laisser la place. Il se retourne et brandissant le trousseau à bout de bras il déclare :

    -    Les clés de votre appartement, Madame !
    -    Oh bah ! Ne peut que dire Agnès qui ne s’attendait pas à ça.

    L’émotion qui l’étreint lui fait oublier sa pique de jalousie. La preuve d’amour que viens de lui faire Pierre la surprends et elle est à deux doigts de verser une larme. Elle saisit le trousseau de clés du bout des doigts comme s’il était un trésor fragile et précieux. C’est la première fois qu’elle réalise vraiment que sa vie viens de prendre un virage important. Ces clés lui donnent l’impression d’être investit de responsabilités qu’elle va devoir assumer en restant toujours forte. Devant une émotion aussi visible, Pierre s’est arrêté de sourire car il comprend tout ce qui passe dans la tête d’Agnès. Il pense lui aussi que, de ce jour jusqu'à la fin de sa vie, il va lui falloir assumer son nouveau rôle d’homme du couple et protéger Agnès contre vents et marées. Leurs deux regards se croisent enfin pour n’en former qu’un. Et toutes les promesses, tous les serments inviolables, ils se les disent dans ce regard. Agnès sent la larme qu’elle retenait si péniblement, couler le long de sa joue. Pierre vient la sécher d’un baiser léger et tendre. C’est en plein milieu de cet instant de tendresse ardent que le gérant de la casse arrive et lance un tonitruant :

    -    Ça y est ? Vous avez récupéré toutes vos affaires. M’sieur Dame ?
    -  Heu ! Pas tout à fait ! Répond Pierre encore sous l’émotion.
    -    Bon, je dis ça parce que dans un quart d’heure on vient la prendre pour la détruire !
    -    Ah ! D’accord ! Je finis dans cinq minutes alors ! Je n’ai plus qu’à vérifier les vide-poches et si rien ne traîne au sol.
    -    Entendu ! Vous voulez voir ce que ça donne quand on l’écrasera ?
    -    Non-mercii ! Ce ne sera pas nécessaire. Dit Pierre qui ne tient pas à voir SA voiture en cube.

    Le gérant lui répond qu’il fait comme il veut et il repart dans sa guitoune a coté du compacteur. Agnès ne s’est pas du tout intéressée à la conversation et elle est toujours en train de regarder son nouveau trousseau de clés.

    -    Dis-moi, mon amour ! Quelles clés ouvrent quoi  ? Je suppose que la petite est celle de la boite aux lettres, mais pour les deux, autres je ne sais pas.
    -    Oui c’est bien ça pour la petite, mon cœur, et c’est la jaune qui est celle de l’appartement. Quant à la blanche, c’est celle de la cave, mais je ne m’en sers pas.
    -    J’ai pas de cave, moi. Mais il se pourrait que je remplisse celle là avec les cochonneries que sont mes petits meubles … Et mon lit … Et… Dit-elle, avant d’être interrompu par Pierre.
    -    T’inquiètes pas ! On trouvera bien de la place pour tout ranger dans NOTRE appartement, mon ange. La rassure son compagnon en lui donnant un petit baiser sur le front. En attendant, si tu m’aidais à m’occuper de ces cochonneries là. Ajoutes t’il en montrant la banquette et la plage arrière ou traînent plusieurs petits objets.
    -    Oui, mon amour ! On finit ça et on va prendre l’air ailleurs. Il y a une odeur d’essence ici qui me prend un petit peu la tête. Répond t’elle en fronçant les sourcils. Y’a quelque chose de particulier à chercher ou pas ?
    -    Non mon cœur, j’ai récupéré mon carnet de notes et j’ai retrouvé mes clés !
    -    Tu veux dire MES clés ?
    -    Oui ! Pardon mon ange ! Rigole t’il.
    -    C’est quoi ton carnet de notes ! T’es noté par qui ?
    -    Je ne suis pas noté ! C’est moi qui prends les notes. Sourit-il. C’est juste un petit carnet où j’écris les trucs qui me passent par la tête pour ne pas les oublier. Des petits morceaux de musique parfois, mais plus souvent des textes, des pensées.
    -    Je peux voir ? Ose Agnès.
    -    Tiens ma belle ! Mais, tu sais, il n’y a pas grand chose de cohérent là-dedans. Dit Pierre en lui tendant le petit carnet.
    -    Merci mon amour ! Je vais lire tes pensées comme ça. Répond Agnès dans un sourire. Je le lirais tout à l’heure. Et elle rend le carnet à Pierre avec le trousseau de clés. Tu peux mettre ça dans tes poches mon amour parce que moi ! … Finit-elle en montrant sa petite robe d’été où aucun rangement n’est possible.

    Pierre met le-tout dans la poche arrière de son jean et nos deux amoureux s’attaquent au dernier tri des affaires éparpillées dans la vieille R5. Une fois mis dans les sacs toutes leurs récupérations, ils prennent le chemin du retour en n’omettant pas de saluer l’homme de la casse d’un signe que Pierre espère être celui d’un adieu. Ils déposent le-tout dans le coffre de la Golf et avant de s’installer au volant, Pierre vide sa poche arrière et redonne à Agnès les clés devenues siennes et le carnet de notes qu’elle veut parcourir. Elle récupère son sac qu’elle avait glissé sous son siège et y range les clés avec soin. Quand Pierre met le contact, elle a déjà commencé la lecture des écrits de son romantique amoureux.

    -    Gardes en pour ce soir ! Rigoles l’auteur en question.
    -    Ok mon amour ! On va où, là ?
    -    Où tu veux mon cœur ! Une balade bucolique, touristique ou dépensière ?
    -    Dépensière non, si je veux aller faire les boutiques, je le ferais à Paris. Mais entre les deux autres j’hésite ! On n’a pas le temps de faire les deux ?
     -    Ça dépend à quelle heure tu veux que l’on rentre sur Paris ce soir !
    -    Si ça ne tenait qu’à moi, ce serait jamais. Mais je suis pas pressée de rentrer moi, on mange ici avant ? Hein, mon chéri ? Questionne t’elle en implorant une réponse favorable.
    -    Si tu veux, mais on va arriver tard à St Michel. Il faudra aller dormir tout de suite en arrivant.
    -    Bon d’accord ! Je ne te toucherais pas pour que tu puisses dormir tôt. Dit-elle d’un ton boudeur.
    -    Remarques que l’effort peux amener une bonne fatigue pour dormir plus sereinement ! Rigole Pierre. Allez ! Direction la campagne. On ne va pas aller s’enfermer  par un temps pareil.
    -    On peut passer tout de même au centre commercial, j’aimerais bien trouver quelque chose d’autre que cette robe qui commence à n’être plus très propre.
    -    Tes désirs sont des ordres mon amour. Dit Pierre en donnant le coup de volant nécessaire pour prendre la direction des boutiques demandées.

    Les allées du centre commercial sont bien achalandées malgré le fait que l’on soit un jour de la semaine et du mois de juillet. Agnès ne voulant pas traîner ici, malgré l’air conditionné bien agréable,  se trouve une boutique de prêt-à-porter où les clients ne sont pas trop nombreux. Les clientes devrait-on dire, les hommes restant souvent à l’extérieur de la boutique à garder le caddy emplis de victuailles. Pierre suit néanmoins sa bien-aimée à l’intérieur et il se sent un peu perdu au milieu de cet univers essentiellement féminin. Agnès, dont l’œil perçant a déjà repéré en vitrine ce qu’elle voulait, s’adresse à une vendeuse disponible qui lui amène peu après des morceaux de tissus dont Pierre ne saurait dire de quoi il s’agit. Ne cherchant pas trop, il se contente d’attendre qu’Agnès ressorte de la cabine où elle vient de disparaître. Deux minutes après il voit sa petite tête passé au coin du rideau afin de l’appeler. Il s’approche et elle ouvre le rideau en grand en écartant les bras pour faire admirer sa nouvelle tenue. Elle est maintenant vêtue d’un short en toile beige style saharien et d’un petit haut en tissu léger d’un décor très étésien. Pierre siffle d’admiration et la belle satisfaite du compliment récupère sa robe, accrochée au portes manteau de la cabine, et se retourne vers la vendeuse pour lui signifier qu’elle prend le tout mais qu’elle les garde sur elle. La jolie vendeuse, une petite brune piquante, lui sourit, lui fait remarquer qu’il vaudrait mieux enlever les étiquettes avant et part chercher un ciseau. Une fois Agnès débarrassée des petits morceaux de cartons et de toiles qui fleurissaient sa tenue, ils vont en caisse afin de payer. Pierre sort sa carte bleue et avant qu’Agnès aie put faire un geste, la petite brune s’en est saisie. Elle lui saute au cou en lui glissant à l’oreille un «  Merci chérie, je t’aime » et en le couvrant de bisous. En ressortant de la boutique Il se dit que cela n’a pas été trop long et il se félicite d’avoir une femme aussi peu tatillonne dans ses choix. Il pense naïvement que c’est terminé et qu’ils vont pouvoir accomplir cette promenade champêtre. C’est sans compter sur l’instinct féminin d’Agnès, qui se dit que ses chaussures ne correspondent plus à sa tenue et qui entraîne Pierre à sa suite vers le chausseur voisin. Heureusement pour lui elle s’arrête à l’entrée et fouille dans un des paniers mis en devanture. Cinq minutes après elle repart avec aux pieds une simple paire de tongs.

    Pierre se rend compte soudain que la plupart des hommes seuls se retournent sur leur passage. Les hommes accompagnés ne risquant qu’un œil discret. Il se retourne vers Agnès pour voir si une étiquette où un défaut dans la tenue pouvait attirer l’attention, mais ne constatant rien il se dit que seule Agnès peut motiver de tels regards. Il se penche, assez fier malgré tout, ver s sa douce et lui glisse à l’oreille :

    -    Tu fais sensation mon cœur ! Tous les mecs te matent.
    -    T’es bête ! C’est notre bonheur qu’ils envient.
   -   T’as sûrement raison mon ange. Répond Pierre peu convaincu. Tu veux qu’on s’arrête boire un verre ? Ajoute t’il alors qu’il passe devant le seul café du centre commercial.
    -    Volontiers chéri. J’ai une de ces soifs ! Je suppose qu’ils ont des toilettes ?
    -    Oui, il y en a mais je ne te les conseille pas. Dit Pierre qui connaît l'endroit
    -    Bon. Mais en sortant, direction vite fait vers un coin discret où je puisse me soulager. Il y a une éternité que n’est pas fait pipi sur l’herbe ! Rigole Agnès.
    -    Je t’adore ma petite folle ! Dit-il en l’embrassant.

    Ils s’installent en terrasse et commande deux grands cocas-citron. La fraîcheur de la clim. est agréable et Pierre apprécie cette petite pause. Il en profite pour réfléchir à leur destination prochaine...



 

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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 20:00
- Publié dans : Roman - Communauté : Une journée pas ordinaire !
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