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Le tout début du roman est
ICI

mais le début de l'histoire est LA






     
 
     





 



 

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CHAPITRE   V (B)




    

    Les cartons sont bien empilés dans un coin su studio et Agnès a hâte que tout cela soit fini pour retrouver une vie plus normale.

    La folie d’hier l’a épuisée. Elle avait passé la matinée à faire des cartons de linge, de babioles et vaisselles entourées de journaux. Puis elle était partit voir ses parents qui l’ont retenue à manger. Visite fructueuse puis qu’elle a obtenu plus que ce qu’elle espérait. En plus du prêt du Combi son père lui a dit qu’elle n’avait pas à s’occuper de la résiliation de la location, qu’il s’en chargerait. Il avait en effet quelqu’un à mettre dedans. Agnès n’a pas put savoir qui, mais elle s’en fichait un peu. Mais le plus important pour elle était qu’il lui avait dit qu’elle pouvait prendre quelques jours pour déménager, qu’il ferait faire son travail par quelqu’un d’autre. Étant donné que le 14 juillet arrivait, il lui avait proposé de ne reprendre le travail qu’après, soit le lundi 19. Elle l’avait embrassé tendrement pour le remercier. En rentrant, elle avait juste croisé Pierre qui avait lui aussi œuvré pendant sa pause en descendant le plus de cartons qu’il pouvait dans la golf qu’il avait ensuite été garé devant sa boutique pour la surveiller. L’après midi avait été passé dans les mêmes conditions que la matinée et le premier moment de vrai repos avait été pendant le trajet en voiture jusqu'à Montsoult. Pierre avait monté les cartons en vitesse à l’appartement et était partit donner sa leçon. Agnès restée seule avait préparé un repas rapide et avait commencé à changer les affaires dont elles auraient besoin en premier laissant de cotés les autres cartons qu’elle savait pouvoir ranger tranquillement la semaine prochaine. Il n’était revenu que ce matin, pour l’heure d’ouverture de la boutique de musique. Et c’est en rentrant dans son studio que l’angoisse avait commencé pour Agnès.

    Pierre vient de repartir travailler et juste avant il lui avait « N’oublies pas que l’on part dès mon retour chez mes parents ! » Elle ne l’a pas oublié mais elle se refusait à y penser jusque là. Mais là il allait falloir les affronter. Seule et nue devant sa glace elle se regarde sans se voir, son esprit était déjà à la rencontre. Elle se secoue la tête et rentre dans la cabine de douche. L’eau sur son visage lui fait du bien et elle commence à se récurer fortement. Elle sourit toute seule en pensant « Ma pauvre fille ! Tu ne vas pas chez ton gynéco, là ! Seulement chez tes futurs beaux-parents. Ils ne vont pas t’ausculter ! » Quand elle sort, rougit par le gant énergique, elle s’essuie tout aussi franchement. Puis elle enfile les sous-vêtements qu’elle a choisis précautionneusement, plus en prévision du retour au studio que pour la visite elle-même. Vient alors l’heure du séchage des cheveux et du brushing obligatoire. Cela lui prend plus d’un quart d’heure et encore il est sur qu’elle y reviendra avant de partir pour parfaire sa coiffure. Pour le maquillage, cela lui prend nettement moins de temps, étant donné le peu de cosmétique qu’elle utilise. De plus Pierre lui a dit qu’il la préférait au naturel et cela l’avait conforté dans son idée de ne pas en faire trop. Juste un léger fond de teint pour unifier la peau et un soupçon de mascara pour les yeux. Les marchands de rouge à lèvres ne faisaient pas affaire avec elle. Quand elle sort de la petite salle d’eau, il est déjà cinq heures et demie. Plus que deux heures avant le départ. Mais il ne faut pas trop penser à ça avant l’heure fatidique. Cependant ses mains tremblotent légèrement quand elle se met à fouiller dans ses tenues estivales. Elle finit par choisir une petite jupe plissée rouge qu’elle met avec une liquette d’homme en lin et un gros ceinturon à boucle dorée. Un dernier coup d’œil à la glace et l’attente commence. Pour occuper le peu de temps qu’il lui reste avant l’arrivée de Pierre, elle s’attèle à la tâche qui avait tant intrigué son amant quand elle avait commencé. Elle ressort d’un grand sac plastique les épis de blé ramassés le week-end et profitant de ce qu’ils soient encore souples se met à les tresser comme sa grand-mère lui avait montré jadis. Elle doit faire un appel violent à sa mémoire pour retrouver les gestes. Elle choisit d’abord sept beaux épis encore à demi vert pour leur souplesse, les étales en les croisant sur la table près de la fenêtre et se met à tresser les pailles pour les réunir en éventail. Elle obtient ainsi le porte-bonheur qu’elle espérait. Le premier fini elle puise de nouveau dans le sac, pour en faire un second, puis un troisième. Une fois épuisé sa moisson elle se retrouve avec quatre beaux éventails de sept épis chacun. Elle choisit le mieux réussi et l’installe entre deux feuilles de papier de soie qu’elle a acheté à cet effet la veille au soir, puis elle fait un petit paquet cadeau avec les restes de papier cadeau lui restant de Noël dernier. Et toutes ces occupations l’ont doucement amenée à sept heures moins le quart. En voyant l’heure, elle se rend en vitesse aux toilettes puis à nouveau à la salle d’eau pour tout vérifier une dernière fois. Un petit spray de son parfum préféré et un ajustement de la liquette et du ceinturon suffisent à la rendre parfaite. Du moins l’espère t-elle ! Elle range le grand sac plastique et les trois éventails restant dans le placard déserté par les vêtements qui ont déjà rejoint l’appartement de Montsoult quand Pierre fait irruption dans le studio. Elle referme la porte du placard précipitamment et se jette dans les bras de celui qu’elle aime de plus en plus sans remarquer ce qu’il tient dans les mains.

    -    Ah ! Te voilà enfin, mon chéri ! Dit-elle avant de l’embrasser amoureusement.
    -    Oui mon cœur ! Dit-il en reprenant son souffle après ce baiser langoureux. Tu m’as l’air tendu mon ange ? Tiens ! Ajoute t-il en lui tendant deux bouquets de fleurs. Choisis-en un pour toi et l’autre sera pour ma mère.
      -    Oh merci ! Tu penses à tout chéri. Mais pourquoi un pour moi mon amour ? Dit-elle avant de l’embrasser à nouveau.
   - Pour le plaisir mon cœur, simplement pour le plaisir. Répond t-il en souriant.
    -    J’avais complètement oublier  les fleurs pour ta maman. Mais il faut dire que je n’ai plus ma tête à moi depuis ce midi. J’ai tellement le trac !
    -    Ne t’inquiète pas mon cœur.  Tout va bien se passer. Allez ! Je vais me passer un coup sur la figure et on y va. Je vois que tu es déjà prête mon amour !
    -    Heu oui ! Quasiment !

    Pendant que Pierre file à la salle d’eau, Agnès se met à rassembler dans un son panier en osier qui va lui servir de sac à main ses différentes petites affaires ainsi que le paquet cadeau qu’elle vient de préparer. Comme elle entend le bruit du rasoir électrique de Pierre, elle prend le temps d’arranger le bouquet qu’elle a choisi dans un vase sur la petite table. En jetant un œil par la fenêtre elle remarque que de gros nuages arrivent de l’ouest et elle préfère donc fermer la fenêtre en cas d’orage durant leur absence. Par précaution elle glisse son parapluie pliant dans son panier et un chandail léger par-dessus, qui recouvre ainsi le petit cadeau. Elle se retourne ensuite vers la salle d’eau et dit en élevant la voix :

    -    Il va sûrement pleuvoir mon amour. Tu voudras un pull ?
    -    Mais j’en ai pas ici ! S’entend t-elle répondre depuis la salle d’eau.
    -    J’en ai un, trop grand pour moi, qui n’est pas encore dans les cartons. Je te le prends ?
    -    Attends ! J’arrive. Dit Pierre en sortant torse nu. Fais moi voir ce pull !
    -    Tiens dit-elle en lui tendant un gros pull blanc qui effectivement paraît bien grand pour le gabarit d’Agnès.
    -    C’était à un de tes ex ? Demande t-il d’un air suspicieux.
    -    T’es bête ! Non, c’est un pull que j’aime bien mettre le soir quand il fait frais, pour me réchauffer. C’est Alain qui me l’avait acheté par correspondance et il n’a pas tout à fait le compas dans l’œil pour ce qui est des tailles.
    -    C’est le moins qu’on puisse dire. Répond t-il en enfilant le pull à même la peau. Il est presque trop grand pour moi aussi.
    -    Tu le mettras sur tes épaules en attendant. Tu n’auras qu’à l’enfiler que s’il fait trop frais.
    -    Ok, mon cœur ! Je mets une chemise et on y va.
    -    Deux minutes. Dit-elle affolée. Je me passe un coup de peigne avant.
    -    Va mon amour, mais fait vite !


♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥


     Les rues de Paris étant presque vide en ce mois de juillet, le parcours entre la rue Soufflot et la rue Damrémont fut avalé en un petit quart d’heure. Agnès tient fermement la main de Pierre pour se rassurer en grimpant le large escalier les menant à l’appartement de la famille Cavalier. Le bruit du papier du bouquet de fleur, dut à ses tremblements, est le signe sonore de son émoi. Pierre raffermit sa main autour de celle de sa compagne afin de la rassurer complètement avant de frapper à la porte de ses parents. Elle l’attire vers elle pour un ultime baiser avant la rencontre, car elle sait bien, qu’une fois rentrée, elle n’osera plus le faire devant les parents de Pierre. Ils échangent donc un long baiser, puis Pierre appuie sur le bouton de la sonnette électrique, placé sur le chambranle de la porte.

    C’est une femme de taille moyenne, assez forte sans que l’on puisse dire grosse, qui ouvre. Elle affiche un large sourire et elle échange avec son fils un regard chargé d’amour et sans dire un mot elle le prend dans ses bras et le couvres de baisers.

    -    Bonjour M’man ! Finit par dire Pierre à bout de souffle.
    -  Bonjour mon fils. Entrez mes enfants ! Dit-elle en s’écartant pour leur laisser le passage.

    C’est une Agnès, rapetissée de cinquante centimètres, qui pénètre dans l’appartement parental.

    -    Alors mon Pierrot, tu me présentes à cette jolie jeune fille. Dit la mère de Pierre en cachant très mal son impatience.
    -    Maman, je te présente Agnès  Fournil, la femme de ma vie. Agnès voici ma maman, Odette Cavalier, née Magnan.
    -    Bonjour Madame Cavalier. Dit Agnès d’une petite voix en tendant la main.
    -    Et non, on s’embrasse ma belle. Lui répond Odette en voyant la main tendue.

    Ils échangent donc les quatre bises rituelles selon la  coutume familiale. Agnès est rouge comme une pivoine tant elle est émue, aussi bien par la gentillesse de sa future belle-mère, que par les mots de Pierre pour la présenter. Elle doit faire un effort immense pour offrir les fleurs. Odette la remercie chaleureusement en lui octroyant une autre série de bisous sur les joues. Mais le calvaire d’Agnès ne fait que commencer car une ombre surdimensionnée se profile au bout du couloir de l’entrée où ils sont regroupés.

    -    Tiens Papa, Bonjour ! S’exclame Pierre en s’approchant de l’homme, plus grand que lui, avant de l’embrasser.
    -  Bonjour fiston ! Déclare le bel homme aux cheveux à peine grisonnants et au regard noir. Bonjour Mademoiselle. Ajoute t-il, d'une voix grave, à l’adresse d’Agnès.
  -  Bonjour Monsieur. Dit Agnès qui est au comble de l’angoisse devant cet homme à l’allure fière.

    Ce dernier pourtant, lui fait la bise traditionnelle, et Agnès sent sur ses joues la barbe rugueuse de fin de journée du père de son compagnon.

    Deux minutes plus tard ils se retrouvent tous les quatre installés autour de la table de la salle à manger où trône des bouteilles, des verres et des ramequins de divers amuse-gueule pour l’apéritif. Le père de Pierre occupe, bien sur, la place du chef de famille en bout de table, la mère est immédiatement à sa gauche au plus près de la cuisine et Pierre s’est assis naturellement à la droite de son père, Agnès s’asseyant à-coté de lui pour se rassurer au maximum. C’est l’instant qu’elle choisit, pour sortir de son sac le petit paquet et l’offrir à la mère de son compagnon.

    -    Tenez Madame. C’est pour vous. Dit-elle d’un air gêné, même si elle commence à s’habituer à l’ambiance.
    -    Merci ! C’est quoi ! S’exclame Odette avec un grand sourire.
    -    Pas grand chose juste un petit porte-bonheur que j’ai fait pour vous. Semble s’excuser Agnès.
    -    Comme c’est joli ! Dit la mère de Pierre en découvrant le petit éventail de blé. Maman avait le même accroché au-dessus de sa cheminée. Tu te rappelle Jean ? Ajoutes t-elle en se retournant vers son mari.
    -    Oui ! Peut-être. Répond d’un air peu convaincu, le père de Pierre.
   -  Mais si ! Elle disait tout le temps qu’il fallait qu’elle le change, parce que la chance l’avait abandonnée.
    -    Je me rappelle plus ! Avoue t-il en fin de compte.
    -    C’est pas beau d’être vieux ! Rigole t-elle en donnant une légère bourrade à son mari. Bon ce n’est pas tout ça qu’est-ce que vous buvez les enfants ? Dit-elle en se levant de table.

    Et chacun de répondre, qui du pastis pour le patriarche, qui du whisky pour Pierre et Agnès, la mère s’octroyant un verre de porto une fois servit tout le monde.

    Et c’est là que commence l’interrogatoire en règles de la nouvelle venue…



 

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Samedi 12 juillet 2008
- Publié dans : Roman - Communauté : Une journée pas ordinaire !
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