Ayant peu d'inspiration ces derniers temps, je crois avoir trouvé un moyen de réveiller ma plume en entrant dans la communautée ...
 

"Eciture
Ludique".


    Pour mon premier essai j'ai choisis le thème n° 61...  


Deux personnes se promènent dans une forêt. Leur chemin se sépare un instant, pendant lequel l'une des deux (le personnage principal), suite à un phénomène étrange, découvre une sorte de "boîte"...




 
 


 Baptiste et Sibylline avançaient doucement… Le passage aux Enfers n’était pas pour les rassurer mais c’était la finalité de leur passage ici-bas…  Afin de ne pas disparaître sans avoir connus l’échange charnel qui leur était interdit, ils partaient s’isoler dans la grande forêt sombre où les anciens ne pourraient pas les tarabuster avec leur morale bien pensante… Ce n’est pas parce-que l’on a 13 ans que l’on n’a pas envie d’être une seule et même personne avec l’autre…

 Deux jours et une nuit qu’ils arpentent les sous-bois… Les aboiements se sont tus depuis le matin, les recherches ont dû être abandonnés, ils peuvent se reposer un petit peu avant de rejoindre la clairière qui verra leur union fatale.

 Allongés sur la mousse au pied d’un grand chêne, ils dorment tranquillement, main dans la main, cœur contre cœur. Sibylline est légèrement agacée par un éclair de lune traversant la futaie. Ouvrant un œil, pour vérifier ce qui trouble son sommeil, elle découvre l’astre brillant qui semble l’illuminer à travers les hautes branches. Elle se lève doucement sans quitter des yeux cette lune qui lui semble si proche. Alors qu’elle s’apprête à tendre les bras pour s’offrir puérilement au lumineux satellite, un nuage masque ce puits de lumière… C’est dans un noir d’encre qu’elle essaye de progresser à tâtons pour retrouver le grand chêne, mais aucune écorce ne se trouve à portée… L’angoisse la gagne, pas tant par peur de mourir, car cela reste sa quête, mais surtout par peur de n’avoir pas Baptiste contre elle à ce moment tant attendu.

 Elle ne sait pas depuis combien de temps elle avance ainsi dans le noir. Elle voudrait crier, appeler son autre, mais elle redoute que cela ne ramène les chasseurs à leurs trousses.

 Soudain une légère lueur semble surgir devant elle… Sans quitter des yeux cette aura diffuse de lumière, elle s’avance doucement… Au pied d’un buisson épineux se trouve un petit coffre d’où émane cette lueur. Elle s’agenouille sur l’herbe humide et saisit le coffret lumineux. La curiosité qui est en elle, la pousse à entrouvrir délicatement le couvercle de l’écrin et alors elle découvre une chose qu’elle n’aurait jamais put imaginer…

 Perséphone, la déesse des Enfers elle-même, jaillit du coffret en une gerbe de feu bleu et jaune.

 L’enfant est clouée sur place… Même si elle attendait cette rencontre, la surprise est immense, et l’absence de Baptiste la terrorise.

 -    S’il vous plait, Ô Perséphone ! Ne m’enlevez pas de suite… Pas sans Baptiste …

 -    Calme-toi jeune fille ! Déclare la déesse en apposant sa main sur la chevelure de l’enfant. Si je t’ai amené seule ici, c’est qu’Hadès, mon époux, ne doit pas savoir ce que je vais te dire cette nuit.

 Sibylline, surprise, ne sait quoi penser. La femme du Maître des Enfers n’a pas réputation de tromper son époux, ni de faire la morale aux volontaires pour le passage !

 -    Je vous écoute Maîtresse, mais promettez-moi de retrouver mon Baptiste avant de vous suivre aux Enfers ? implore la jeune enfant…

 -    Laisse ton jeune compagnon dormir pour l’instant, tu le retrouveras vite, je te le promets.

 La petite fille, rassurée par cette promesse, se détend un peu tout en se demandant ce que Perséphone tient absolument à lui dire…

 -    Tout d’abord laisse moi te dire que si quelqu’un doit venir grossir les rangs de nos démons, ce serait plutôt à tous ces hommes et femmes qui vous empêchent de vivre votre amour de venir plutôt que deux enfants pures comme vous deux. Tu dois penser que je délire, mais moi et mon époux ne sommes pas les monstres que l’on se plait à décrire. Et je dois t’avouer que votre histoire m’a touché. Passant outre les obligations que nous nous sommes fixés de ne jamais influencer les candidats à notre Royaume, j’ai décidé, seule, de vous offrir une chance de vivre votre bonheur comme j’aurais aimé en vivre un moi-même avant de rencontrer Hadès.

 La déesse se retourne et saisit le coffret laissé au sol. Elle y plonge la main et en sort un fruit brun que Sybilline n’arrive pas trop à discerner dans l’éblouissement du coffre.

 -    Tu vois cette grenade, elle est cultivée en nos jardins au-delà du Styx. Sa chair à des effets magiques, il te suffit de le partager avec ton ami et vous aller vous retrouver dans une île paradisiaque où la vie éternelle vous sera offerte. Une vie de bonheur de d’insouciance. Mais il te faudra faire très attention, toi comme Baptiste, à ne pas avaler un de ses nombreux pépins car chacun d’eux vous aliènera aux Enfers pour un siècle à venir. Et contre cela je ne pourrai m’opposer… En ayant été moi-même victime jadis je te conjure de faire très attention…

 Et dans une autre gerbe de feu, la déesse des Enfers disparaît dans le coffret qui se referme aussitôt et s’évanouit dans la pénombre…

 Un rayon de lune apparaît alors, vient se poser sur la grenade posée aux pieds de l’enfant et se prolonge jusqu’au grand chêne où Baptiste dort encore en toute quiétude.

 La jeune fille ramasse le fruit et cours se réfugier aux cotés de celui qui est son tout. Mais le sommeil ne revient pas et l’enfant se décide alors à préparer le fruit en enlevant un à un tous les pépins. Elle prend leur maigre bagage pour en sortir l’écuelle qu’elle avait emportée emplis de ragoût, depuis longtemps consommé. Elle ouvre la grenade qui éclate entre ses doigts fins. La chair rouge est appétissante mais elle se retient d’y goûter redoutant d’être emporté vers l’île sans Baptiste. A l’aide d’un morceau de bois, elle étale la chair rouge dans l’écuelle et retire doucement les nombreux pépins parsemés dans celle-ci. Le rayon de lune ayant disparue, elle n’est éclairé que par le petit jour naissant au loin. Les bruits de la nuit s’atténuent peu à peu. La chouette s’est tût et les passereaux commencent à piailler plus au sud. Sybilline revérifie encore une fois qu’aucun pépins n’est présent dans son écuelle et semble rassurée. Afin de parer à toute éventualité, l’enfant à glisser dans le petit sac de cuir qu’elle porte en banlière, une poignée de ces pépins infernaux.

 Baptiste se réveille doucement sans avoir aucune idée de la nuit qu’a passé sa compagne. A la vue de l’écuelle de chair de grenade il se précipite dessus pour assouvir la faim accrue par ce sommeil sylvestre. Sybilline le retient juste avant qu’il ne portes l’assiette à sa bouche et lui explique succintement ce que représente cette offrande sucrée. Le jeune homme, ayant une confiance absolue en sa moitié, se résout à ne pas déjeuner sur l’instant. Il reprennent leur chemin vers la clairière où doit se consommer leur amour…

 Et c’est dans la lumière d’un soleil éclatant que les deux enfants découvrent ensemble les plaisirs charnels de l’amour…

 Epuisés et heureux, ils sont allongés à même l’herbe tendre quand au loin des aboiements résonnent, les sortant apeurés de leur béatitude…

 Sans un mot, juste par un regard échangé, ils sortent de leur besace l’assiette où la chair de grenade semble n’attendre que d’être déguster.

 Sybilline la première fait couler en sa gorge la douce substance et elle sent le bonheur l’envahir à nouveau. Baptiste lui prend l’écuelle et se met à son tour à avaler la chair rouge. Elle le regarde avec douceur sans lacher sa main, quand le jeune homme hoquète légèrement…

 -    Tiens ! Il restait un pépin. Dit-il en souriant.

 Et Sybilline affolée, saisit sa bourse de cuir et en avale le contenu sans attendre…
 
 
   





 
Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /2008 15:30
- Publié dans : Ecriture Ludique - Communauté : Ecriture Ludique
Voir les 6 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés