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C’est une maison villageoise rose, couverte de lierre située au 4 de la rue des Saules...
face aux vignes de Montmartre de la rue Saint Vincent !
Cet établissement s’appelait d’abord " au rendez-vous des voleurs ", puis il devint " le cabaret des assassins " et
puis " A ma campagne ".
En 1886, Adèle Decerf , une ancienne danseuse de cancan, reprit
l’établissement. Sa spécialité culinaire étant le lapin sauté à la casserole, en 1875 le dessinateur caricaturiste André Gill imagina comme enseigne un lapin bondissant hors de la
casserole. Par jeu de mots, le lapin à Gill devint le "lapin-agile".
L’original de l’enseigne est conservé au Musée de Montmartre.
En 1903, Aristide Bruant racheta le cabaret et le nouveau gérant, Frédéric Gérard, dit le "père Frédé" donna une
nouvelle vie au cabaret. Autour de sa guitare et de son violoncelle, toute la bohème montmartroise se retrouve le soir dans la bonne humeur. Le père Frédé anime les soirées, il
chante et fait chanter les uns, « slamer » ou déclamer comme l’on disait en ce temps, les
autres.
Ci dessous Frédé par Depaquit
Le Lapin d'Appolinaire
Affiche du Programme du Lapin Extrait du livre de bord
du Lapin,
Composite du lapin des artistes
Gouache de Maurice de Vlaminck.
Le lapin Agile devient le temple des chansonniers et des artistes . On peut y voir des inconnus qui s’appellent , Renoir, Utrillo, Derain, Braque, Modigliani, Guillaume Apollinaire, Max
Jacob, André Salmon, Pierre Mac Orlan, Francis Carco, Roland Dorgelès, Gaston Couté, Jules Depaquit, Caran d’Ache, Forain, Jehan Rictus, Charles Dullin, Courteline, Marcel Proust et
Picasso qui aimait s’asseoir à la terrasse avec sa chienne Frika. Il a peint des toiles où il se représente avec Frédé, puis représentant Margot, la belle-fille de Frédé (future Madame
Mac Orlan ).
"Au lapin agile" - Picasso - 1904
Et voivi le célèbre « Canular du lapin agile » : Des artistes & écrivains, dont
Roland Dorgeles, Depaquit et André Warnod qui n'appréciaient pas le cubisme, attachèrent un
pinceau à la queue de l'âne de Frédé dit "Lolo", pensionnaire du cabaret. Lolo excité par
les bohêmes peignit une toile. Cette peinture abstraite
baptisée "Et le
soleil se coucha sur l' Adriatique" fut signée Boronali et envoyée au Salon des Indépendants ou elle obtint un réel succès. La peinture abstraite fut achetée un bon prix par un riche amateur. Boronali est l’anagramme d’Aliboron, l’âne de la fable de La Fontaine!
Montmartre, lieux de créations (Cubisme, Fauvisme et Surréalisme), a donc été fréquenté par les plus grands peintres
: Picasso, Modigliani, Renoir, Manet, Toulouse Lautrec, Utrillo, Van Gogh et beaucoup d'autres
artistes....dont l'âne "Lolo".
Frédé à la guitare, le
Christ de Wasley, sous son bras droit le tableau de Picasso.
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Paulo & Yvonne Darle
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Jean René Caussimon à ses
débuts
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Aristide Bruant avait acheté le Lapin Agile pour éviter qu’il ne périsse sous la pioche des démolisseurs. Il le
revendit en 1922, dans des conditions les plus amicales au fils de Frédé, Paulo, son unique élève. Tout de suite, sous la direction de Paulo et plus tard avec sa femme la chanteuse
Yvonne Darle, le lapin Agile prend un essor important, le spectacle s’organise, des chanteurs, des poètes, des musiciens peuvent y faire leurs débuts. On y voit dans les années 30,
s’y produire pour la première fois en public, Rina Ketty, Pierre Brasseur, André Pasdoc, Claude André Puget, Pierre Asso, Jacques Pills, Clément Duhour, et dans les années 40,
Pierre Dudan, Jean-Roger Caussimon, puis dans les années 50/60, Alexandre Lagoya, Ida Presti, Georges Brassens, François Billetdoux, André Reybaz, Annie Girardot, Jacques Esterel,
Claude Nougaro, alors tous inconnus et Yves Mathieu, fils d’Yvonne Darle et actuel propriétaire et animateur de l’établissement.
Annie
Girardot
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Alexandre Lagoya
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De même, plus près de nous, Jacques Debronckart, Georges Zamfir, Frédéric Lodéon, Pierre-Yves Artaud, Eric Robrecht etc…
Aujourd’hui encore, on y boit les traditionnelles cerises à l’eau de vie et les gens qui se groupent sous la lampe
voilée, autour de quoi les chansons s’enroulent ne sont pas d’une autre essence que ceux qui venaient méditer sur leur infortune ou chanter devant l’âtre du Père Frédé.
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