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Petite histoire
ou il est question d'odorat !

 


 
 
  Sibille raccroche et reste ébahie cinq secondes ! Comment va t-elle faire ?

  Le coup de fil qui vient de la réveiller ne présume pas d’une belle journée !


  Elle n’aurait jamais dut faire confiance à Pascal. Elle savait bien que cela finirait en eau de boudin comme d’habitude avec son frère.


   Décidément, il ne sera jamais assez les pieds sur terre pour réussir dans la vie, celui-là !

   Quand il est partit hier soir en lui disant : «  Je t’emprunte ta voiture pour la soirée, mais je te promets que je te la ramène avant que tu ne partes au boulot demain ! », elle n’a pas réagi.

   Et comme une idiote, qu’elle est aussi, elle lui avait laissé prendre le trousseau de clés sans rechigner.
   Elle n’avait pas pensé sur le coup que sur ce trousseau il y avait aussi les clés de l’appartement et de la boîte aux lettres.

   Et là son petit frère qui l’appelle pour lui dire que cette nuit il a déposé la voiture et mis les clés dans cette même boîte aux lettres !

   Pour l’appartement, elle a toujours un double dans son sac, mais elle n’a qu’une seule clé pour son courrier et elle est maintenant dedans … la boite aux lettres !

   Il aurait put l’appeler avant, elle serait descendue les chercher ces clés, s-il ne voulait pas monter !!!

   Quel c.. ce Pascal !

   La voilà bien avancée maintenant, surtout que le gardien a de grande chance de ne pas être là pour lui ouvrir sa boîte, elle va devoir aller bosser à pied !

   Une fois le petit déjeuner avalé et la toilette faite elle choisit des chaussures plates plutôt que les talons qu’elle avait pensé mettre aujourd’hui. C’est que la station de métro n’est pas juste à-coté !

   Vraiment quel c.. ce Pascal !

   Comme elle le pensait la loge du concierge est encore fermée ! Elle n’a pas le temps d’attendre et si elle ne veut pas arriver en retard au boulot il faut qu’elle y aille tout de suite.

   Allons bon ! Voilà qu’en plus il pleut !

   Elle ouvre son parapluie et se met en route vers la station de métro en grimaçant et en pestant et grommelant, sur le dos de son frère.

   Et voilà qu’elle arrive au pont du périphérique. Elle l’avait oublié celui là !
 
 
Elle prend une grande respiration, bloque sa respiration et se lance au-dessous. Même si elle ne respire pas, l’odeur d’urine et de moisi l’agresse brutalement.
 
   Un S.D.F. est allongée à même le sol enveloppé dans un pardessus en laine qui doit tenir tout seul debout. Il a dut faire sous lui car une mare s’étale autour de ses hanches et l’odeur prend une ampleur difficilement supportable.
   Deux flics sont à ses cotés, la mine renfrognée malgré leurs narines pincées entre leurs doigts. Ils ont l’air bien embarrassé ne sachant pas comment convaincre le bougre à les suivre dans le car de rammassage garé un peu plus loin.

   Sibille ne prends pas le temps de s’apitoyer et fonce vers le grand air de l’autre coté de ce tunnel infect.

   Une grande bouffée d’air humide vient nettoyer les relents malsains qui commençaient à s’incruster dans son nez.
Plus que 500 m. et elle sera arrivée au métro où là encore elle devra affronter le mélange d’odeurs de sueur, d’alcool, de vomit, d’urine et autres insanités qui parfume les couloirs de la station Porte de Clignancourt.

   Quel c… ce Pascal !

   L’avantage lorsque l’on monte en tête de ligne, c’est qu’il y a de la place assise. Malheureusement pour la jeune femme aujourd’hui ne semble pas être son jour… En effet le wagon où elle vient de monter dégage des relents de vomissures et des traces suspectes entre les deux premières banquettes incite Sibille à rester debout près de la porte qui vient de se refermer.

   Après-tout elle n’a que deux stations avant sa correspondance.

   Marcadet. Correspondance. Des couloirs humides avant une nouvelle rame où cette fois les places assises sont plus rares, mais Sibille réussi à s’asseoir à coté d’un jeune homme bien sur lui et agréable à regarder.
 
   Pigalle. Le jeune homme se lève pour descendre et la place libre à-coté de la jeune femme est aussitôt accaparé par une grosse dame adipeuse qui oblige la pourtant menue Sibille, à se serrer contre la fenêtre son sac sur les genoux et le parapluie entre les jambes. Le parfum acre d’eau de toilette rance qui émane de la grosse dame ne tarde pas à l’incommoder.

   Six stations encore à tenir…

   Quel c… ce Pascal !

   Madeleine. Sibille, une fois descendue de la rame, court plus qu’autre chose pour atteindre l’extérieur de la station.

   Ouf ! Il ne pleut plus et un rayon de soleil vient même accueillir la jeune femme à sa sortie de la bouche de Métro.

   Ne lui reste plus qu’a traverser le boulevard des Capucines en évitant les voitures, les bus, les motos et autres engins qui passent sous son nez en dégageant leur dose de monoxide de carbone au passage.

   Et là devant elle, son lieu de travail apparaît devant ses yeux.

   Il est facile à reconnaître, c’est le seul sur ce trottoir à avoir une enseigne où est écrit en gros :


«  PARFUMERIE PARISIENNE »




Mardi 28 octobre 2008
- Publié dans : Lis tes ratures !! - Communauté : Une journée pas ordinaire !
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